Mutualisation


La mutualisation, base d'une nouvelle économie.

Après l'échec du communisme étatique et celui du capitalisme libéral, le mutualisme s'impose à l'évidence comme étant la troisième (et dernière...) voie à explorer.
Les deux premières idéologies économiques n'avaient pris en compte qu'une partie de la réalité humaine, le communisme ayant nié l'individu et le capitalisme faisant abstraction du reste, c'est à dire le collectif, la solidarité et l'environnement, tout ce qui relie l'individu au reste du monde, et le fait que l’homme est un animal, certes égoïste, mais social.
Ces dogmes hémiplégiques, manifestement obsolètes, basés sur d'anciens schémas autoritaires et hiérarchiques (étymologiquement la hiérarchie étant "le pouvoir du sacré") vont être balayés par l'âge du réseau, du collaboratif, et du synergique. La déresponsabilisation voir l’infantilisation qu’ils ont engendrées résultent de la dépossession des compétences et des moyens de production.
L’absurdité du système actuel, destructeur et suicidaire, est flagrante, et ses fondements absolument non-rationnels, quasi religieux, comme celui d’une croissance infinie dans un milieu fini (on peut rappeler que 2% de croissance sur 30 ans revient à multiplier par 4 la consommation...), celui de la "main invisible du marché", de l'offre et de la demande dans une théorique concurrence non faussée, sans entente ni corruption... ont démontré par le fait leur incapacité totale à répondre aux défis actuels et à s'adapter.

La mutualisation des ressources, le mutuellisme (ou mutualisme libertaire), qui germa dans l'esprit de l'anarchiste Pierre-Joseph Proudhon au début du 19eme siècle, trouve dans l'internet un nouveau support et un moyen d'organisation.
Il ne s’agit pas de collectivisation forcée, mais bien d’une libre association d’individus ou d’entités, en vue de partager des outils, de mettre en commun des ressources pour un projet donné impossible à faire seul, d’instaurer une solidarité profitable à tous, de faire des économies d’échelles sur des coûts superflus (mutualisation de matériels ou de locaux, mutualisation des services, logiciels, serveurs informatiques…) et par là-même éviter le gaspillage (ce qui est le véritable sens du terme économie, on l'a oublié), et enfin, retrouver un fonctionnement réellement démocratique (démocratie directe, avec mandats impératifs et révocables) ainsi que le lien social via la culture d'un travail collaboratif.
Cette organisation pragmatique, rationnelle et équitable est la seule qui peut redonner un sens à l’économie et à nos vies, tout en nous permettant d’éviter le chaos social, politique et écologique annoncé, ou, au moins, de préparer une alternative crédible quand l'effondrement de cette "Pyramide de Ponzi" géante, que constitue la finance actuelle, aura lieu.

Nous avons confondu économie et finance, commerce et capitalisme, ou encore organisation et hiérarchie, production et surproduction, progrès et obsolescence programmée... il est temps de revenir aux fondamentaux d'une économie au service de l'humain.

Philosophiquement, il s’agit également de recréer de l’unicité entre l’égoïsme et l’altruisme (qui est en fait la forme la plus poussée de l’égoïsme rationnalisé, cf. le concept d'association d'égoïstes de Stirner) et de démontrer qu’il y a une autre lecture darwinenne, celle de Kropotkine notamment, détaillée dans « l’entr’aide comme facteur de l’évolution » : si nous sommes bien dans une jungle, le plus fort est le plus solidaire. La mutualisation est, avec l'autogestion, une voie à explorer pour renverser la tendance actuelle en économie coopérative.

Il n’y a pas de crise, le système EST la crise, et nous sommes le système.

A suivre...